la France doit innover au-delà des startups

La croissance passe aussi par celle des entreprises traditionnelles

Jean-Pierre Leac

J'ai travaillé pour des programmes de soutien à l'innovation et à la croissance des entreprises ces dernières années. Diplômé d'une école d'ingénieur, j'ai été chef de projet dans l'industrie automobile puis j'ai créé ma propre société de conseil. J'ai ensuite pris la direction du service d'appui aux entreprises, des politiques de transfert de technologie et des projets de coopération transfrontalière au sein de l'Agence Régionale d'Innovation. Je suis également responsable de plusieurs fonds favorisant les projets d'innovation et la création de start-up.

Vous aimerez aussi...

5 réponses

  1. Toutes les entreprises des secteurs traditionnels ont innové et innovent encore. Il y a de beaux projets en province, loin des projecteurs parisiens (voir les « Bonnes Nouvelles des Conspirateurs du Futur » de Michel Godet). Celles qui n’ont pas su innover ont disparu, car finalement l’innovation est un processus par lequel les entreprises peuvent s’adapter à un environnement changeant. C’est ce que nous avons essayé de décrire dans l’Innovation Agile parue en 2007 aux éditions AFNOR. Il y a eu tellement de buzz autour de certaines formes d’innovation et de la composante R&D que l’on a fini par oublier que ces entreprises innovaient. D’ailleurs, elles n’intéressaient pas tellement les ancêtres de Bpi France. D’innovation, il n’en était question que si l’on pouvait mettre en avant un verrou technologique. Mais voilà Bpi France est avant tout une banque. Comme toute banque, il lui faut s’assurer d’un certain niveau de profitabilité. C’est sans doute cela qui a porté son intérêt vers d’autres formes d’innovation que celles qui étaient promues par l’Anvar et Oséo. Il est beaucoup moins risqué d’investir dans des PME qui ont du chiffre d’affaire que dans des start up. Et on en arrive à des situations surprenantes où des PME se voient proposer des prêts bancaires alors qu’elles n’en ont pas besoin, tandis que des start up se voient refuser un soutien de Bpi France….

    • merci pour le commentaire. Je ne connaissais pas votre ouvrage qui a l’air très intéressant. Je me suis permis de mettre sa référence dans l’article (et accessoirement, je viens de le commander 🙂 )

      • Je vous remercie pour votre commentaire sur mon commentaire. En fait, j’apprécie la pertinence et votre regard sur l’innovation. Je me permets de vous recommander de lire plutôt « Innover avec succès » aux mêmes éditions que « l’Innovation Agile ». « Innover avec succès » avait reçu le dernier prix littéraire de l’année 2009, le prix Performance et Qualité. Plus sérieusement, il avait été construit à partir d’une réflexion sur l’ouvrage de Jared Diamond, « Collapse ».

        Bien cordialement

  2. Olivier Ridoux dit :

    Sur le manque de rachat des startups françaises par les grands groupes. Je ne sais pas si l’auteur du rapport voulait dire grands groupes en général, ou grands groupes français, ou rachat avec intention de développer en France. Ce qui me semble manquer cruellement c’est le dernier cas de figure. On voit trop souvent des rachats spectaculaires (par le montant et par le racheteur) qui conduisent rapidement à la disparition pure et simple de l’activité. Si on considère qu’il y a innovation quand une idée passe dans l’usage, on ne peut que constater que dans ces cas il n’y même pas eu innovation car l’idée a été étouffée dans l’œuf.

  3. Pannetier Christophe dit :

    Bonjour. Très bon article qui remet bien « l’église au centre du village ». On sait bien aujourd’hui que les points de croissance sont davantage à gagner par l’intégration du numérique à la chaîne de valeurs des entreprises « traditionnelles » que par la production de biens et de services numériques. Patrick Artus l’avait déjà bien montré il y a quelques années. Par ailleurs, aux freins à l’innovation dans les entreprises « traditionnelles » il faut aussi ajouter la faible culture numérique des dirigeants et des salariés qui ne se résume pas à la seule maîtrise des outils. Et cela ne pourra probablement se résoudre que par le changement de générations. ..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.