innovation gap : pour toujours au chômage ?

L'innovation gap est-il infranchissable ?

Jean-Pierre Leac

J'ai travaillé pour des programmes de soutien à l'innovation et à la croissance des entreprises ces dernières années. Diplômé d'une école d'ingénieur, j'ai été chef de projet dans l'industrie automobile puis j'ai créé ma propre société de conseil. J'ai ensuite pris la direction du service d'appui aux entreprises, des politiques de transfert de technologie et des projets de coopération transfrontalière au sein de l'Agence Régionale d'Innovation. Je suis également responsable de plusieurs fonds favorisant les projets d'innovation et la création de start-up.

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3 réponses

  1. Merci pour ces réflexions très stimulantes sur l’impact de l’innovation. Une des causes possibles de l' »innovation gap » ne serait-elle pas à trouver au niveau d’un décalage temporel? C’est le décalage entre le nouvel état que crée l’innovation et la maîtrise des connaissances et savoirs nécessaires pour trouver sa place dans le nouvel environnement, notamment professionnel qu’elle fait apparaître. A l’époque de Schumpeter la destruction créatrice se faisait sur des cycles beaucoup plus longs que ceux que nous connaissons actuellement. L’Homme avait plus de temps pour retrouver une position d’équilibre. Durant les 30 glorieuses qui ont suivi l’immédiat après guerre, les connaissances et savoir faire acquis lors d’une scolarité suffisaient pour avoir un emploi jusqu’à sa « retraite ». Aujourd’hui, la vitesse à laquelle l’innovation mène les changements rend savoirs et savoir faire rapidement obsolètes. L’adaptation est devenue compliquée, car les systèmes éducatifs et l’apprentissage sont pensés pour être utiles sur une génération. Peut-être faut-il les revoir pour la faciliter si tant est que le cerveau humain ait une plasticité satisfaisante sur des intervalles de temps dramatiquement réduits. Des expérimentations/initiatives sont en cours dans l’univers du numérique. Il est peut-être trop tôt pour se prononcer mais il y a des signes encourageants.

    • Tout à fait exact, j’aurais effectivement pu insister sur ce découpage entre le temps nécessaire aux apprentissages (toujours long) et la rapidité actuelle des évolutions dans les technologies et l’économie. Comment augmenter l’adaptabilité et la réactivité de tous, sans augmenter encore plus le stress et le sentiment d’échec que vivent beaucoup de personnes autour de nous ? L’équation semble difficile … 🙂

  2. voir aussi cet article que je viens de découvrir :
    http://digital-society-forum.orange.com/fr/les-forums/700-le_numerique_lremploi_a_reinventern

    et en particulier le dernier §
    « Enfin, plusieurs auteurs s’efforcent de prendre au sérieux la perspective, à long terme, d’une diminution plus ou moins drastique de l’emploi et plus globalement du travail. L’importance de favoriser l’éducation et la formation fait largement consensus, dans la mesure où le progrès technique déplace les emplois vers les qualifications les plus élevées ; mais cela pourrait ne pas être suffisant. Pour les théoriciens de la fin du travail comme Rifkin ou Stiegler , comme pour les fin observateurs de la robotisation que sont Brynjolfsson et MacAffee, la révolution industrielle en cours rendra inutile une grande partie de la force de travail disponible. Il faut donc imaginer des formes de rémunération alternatives aux revenus du travail à travers des systèmes tels que l’impôt négatif ou le revenu d’existence, de manière à rendre viable et suffisamment juste une société dans laquelle les machines assument un grande partie du travail. « 

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